Les livres qui sèment cité dans le rapport du Haut Conseil à l'Égalité 2025

“La littérature jeunesse, une acculturation aux stéréotypes de genre”

Dans son dernier rapport sur l’État du sexisme en France, le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) s’est penché sur le rôle de la littérature jeunesse dans la diffusion des normes de genre et des stéréotypes.

Pour le jeune public, le HCE regrette le clivage entre les collections “pour filles” et celles “pour garçons”, comme si les genres devaient évoluer dans des univers opposés.

Le rapport s’appuie sur les observations de Adela Turin et Sylvie Cromer qui, dès les années 2000, déplorent une vision androcentrique des albums jeunesse, soit une perception du monde du point de vue masculin, le féminin venant juste se juxtaposer sur celui-ci.

“Ainsi, les potentialités d’une grande partie des filles restent inexplorées”

Le rapport cite également les travaux de Anne Daflon Novelle sur les représentations anthropomorphiques des albums jeunesses (animaux qui se comportent comme des humains) qui là encore, véhiculent de nombreux clichés. En effet, les personnages masculins affichent souvent force et puissance, tandis que les personnages féminins arborent faiblesse et discrétion (ex Ernest et Céléstine)

Quant à la collection Monsieur & Madame, en plus de hierarchiser les attributs dits “masculins” (valorisés) et “féminins” (dégradés), le HCE cite une étude de l’Université Britannique de Lincoln qui dévoile que “Les personnages féminins de la collection ont besoin d’être secourus dans plus de la moitié des ouvrages”.

Côté ouvrages pour ados, le rapport dénonce l’hypersexualisation des personnages féminins, ainsi que la banalisation des VSS et la culture du viol.

L’étude met aussi en garde sur les dangers de la Dark Romance, qui rencontre un grand succès chez les jeunes lectrices, et qui glamourise les situations toxiques, d’emprise et de violence dans les relations amoureuses.

Face à ces constats, le HCE rappelle ses précédentes recommandations en matière d’éducation et de lutte contre le sexisme, et préconise l’application des programmes d’EVRAS (éducation à la vie relationnel, affective et sexuelle) malgré les pressions.

Pour ma part, je remercie chaleureusement le HCE d’avoir cité dans son rapport, Les livres qui sèment aux côtés des éditions Talents Hauts (et de Mortelle Adèle !) pour son travail de promotion de l’égalité dans la littérature jeunesse.

C’est une reconnaissance de taille pour la librairie - et une belle surprise aussi ☺️

Le rapport complet est disponible ici > Haut-conseil-egalite.gouv.fr - à l'heure de la polarisation. 


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